Perte d’un être cher, rupture amoureuse, fausse couche, licenciement, sont autant d’événements qui peuvent profondément ébranler nos repères et notre rapport au monde. Ces événements, souvent chargés d’émotions, initient un processus intime et singulier : le processus de deuil.
Le deuil : un processus d’adaptation…
Le processus de deuil est un processus d’adaptation. Face à la perte — qu’il s’agisse de la perte d’une personne, d’une relation, d’un rôle — l’être humain cherche progressivement à intégrer sa nouvelle réalité. Ce processus ne consiste pas à « oublier » ou à effacer ce qui a été perdu, mais à apprendre à vivre autrement, en réorganisant ses repères internes et externes.
Le processus de deuil peut toucher plusieurs dimensions d’une personne : émotions, corps, pensées, croyances profondes. Les réactions qui l’accompagnent — tristesse, colère, culpabilité, confusion, fatigue, sentiment de vide ou de soulagement — sont autant de réponses face à la perte. Elles témoignent du mouvement d’ajustement, souvent inconfortable, qui se met en place.
En ce sens, le deuil n’est ni une pathologie, ni un problème à résoudre rapidement, mais un chemin d’intégration qui nécessite du temps, du soutien et la reconnaissance de ce qui a compté. Il ne suit pas une trajectoire linéaire et ne se résume pas à une simple succession d’étapes. Chacun le traverse à sa manière, son rythme.
… parfois très éprouvant
Certaines circonstances peuvent rendre ce processus particulièrement éprouvant.
- Le manque de soutien autour de soi, ou des proches mal à l’aise face à la souffrance.
- Le caractère brutal ou traumatique de la perte, qui ébranle les repères.
- Les deuils invisibles, parfois minimisés ou non reconnus (fausse couche, rupture, perte d’emploi…).
- Les injonctions sociales : « Il faut tourner la page », « Avec le temps, ça va passer », « Tu dois être fort·e ».
- Les émotions parfois trop intenses.
Ces facteurs peuvent amplifier la douleur, créer de la confusion ou un sentiment de solitude, et parfois ralentir la progression du deuil. Pouvoir reconnaître ces obstacles et disposer d’un espace où déposer ses émotions, se sentir entendu(e) et soutenu(e), peut grandement faciliter la traversée de ce processus.
La thérapie : un espace pour accueillir et surmonter la perte
La thérapie est un espace sécurisant et bienveillant, où tous les états d’être sont accueillis sans jugement. Elle permet de mettre des mots sur ce que l’on traverse et de donner sens à ses réactions face à la perte.
Cet espace permet également d’accueillir pleinement les émotions : pleurer, ressentir la colère ou la nostalgie est légitime et soutenu. La thérapie aide à explorer son vécu, à comprendre son lien avec la personne ou la situation perdue, et à progressivement se réapproprier ses ressources intérieures pour se reconstruire.
Au fil des séances, on apprend à vivre avec la perte et à intégrer cette expérience dans son histoire. L’accompagnement thérapeutique contribue à alléger le poids de la douleur, à retrouver clarté, confiance et équilibre, et à se remettre en mouvement, retrouvant peu à peu désir, énergie et espoir.
En conclusion
Traverser un deuil demande du temps, de la patience et peut être soutenu dans le cadre d’un accompagnement thérapeutique.
Au-delà de la peine, ce chemin révèle aussi la profondeur de l’amour que nous avons porté à ce qui a disparu.
En séance, je suis profondément touchée par cet amour que les personnes expriment, pour ce qui a compté dans leur vie.
Reconnaître cet amour et lui donner une place soutient également la reconstruction. Cela aide à retrouver l’équilibre et l’énergie pour avancer, tout en gardant vivant en soi ce qui a compté.

